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Dernière mise à jour : Juillet 2010

La notion de handicap

Dans le précédent numéro du Trait d'union, nous avons indiqué que nous nous proposions d'illustrer de façon pratique en quoi consiste la notion de handicap. Sonia Charbonneau rappelait, à propos du processus de production du handicap, que la notion de handicap généralement utilisée de nos jours correspond à la définition contenue dans la Classification internationale des déficiences, incapacités et handicaps (CIDIH), publiée par l'Organisation mondiale de la santé.

La Classification internationale

La CIDIH définit certains concepts qui caractérisent l'état de santé:

Déficience
Toute perte de substance ou altération d'une fonction ou d'une structure psychologique, physiologique ou anatomique.
  • Les déficiences sont des troubles des organes.
  • Le fonctionnement du corps est modifié.
Incapacité
Toute réduction (résultant d'une déficience) partielle ou totale de la capacité d'accomplir une activité d'une façon ou dans des limites considérées comme normales pour un être humain.
  • Les incapacités réfèrent à des perturbations de la personne elle-même.
  • Le comportement est altéré.
Handicap
Le désavantage social d'un individu est le préjudice qui résulte de sa déficience ou de son incapacité et qui limite ou interdit l'accomplissement d'un rôle considéré comme normal.
  • Le handicap se rattache à une situation désavantageuse dans laquelle une personne se retrouve par rapport à ses pairs.
  • Il dénote une difficulté personnelle consécutive à un déficit anatomo-physiologique.
  • La participation à la vie sociale est diminuée.

La Classification revue par des Québécois

Les réflexions de Patrick Fougeyrollas et de ses collègues au sein du Réseau international sur le processus de production du handicap cherchent à démontrer que le handicap ne fait pas que dénoter une réalité d'ordre personnelle. Il connote une réalité plus globale d'ordre socio-culturel dans laquelle le concept de changement social est central.

Cette distinction est fondamentale car elle replace la notion de situation désavantageuse dans le cadre de la réadaptation perçue comme une stabilisation de la personne sur les plans biologique, psychologique, culturel et social.

Autrement dit, selon cette approche, la personne handicapée n'est pas responsable des conséquences sociales liées à sa différence. Le handicap existe parce que la réadaptation véritable n'a pas encore été complétée.

La réadaptation ne concerne pas que l'individu. Elle implique toute la société et son cadre global de fonctionnement. La situation désavantageuse, c'est à dire le handicap, dure tant et aussi longtemps que la société ne l'élimine pas.

« Pour supprimer le handicap, il faut modifier l'organisation socioéconomique, agir sur les attitudes et les représentations sociales, développer la mise en œuvre de perspectives de design universel, rendre disponible les ressources et les services, adapter les modes de réalisations des habitudes de vie ».

« Les écarts constituent l'agenda sociopolitique de changement social… la mesure de changement des situations à corriger sur le plan sociétal ».

« La norme sociale n'est pas de s'occuper des droits des personnes ayant des incapacités, mais d'assurer l'exercice de ces droits… en posant les gestes appropriés ».1

Les limites de la définition officielle

La définition du handicap présentée par l'Organisation mondiale de la santé occulte tout un pan de la réalité sociale. Lorsqu'une personne devient incapable de se déplacer autrement qu'en fauteuil roulant, à la suite d'un accident ou d'une maladie, elle ne vit pas isolément cette nouvelle situation désavantageuse. Tous ses proches, tous ses amis, toutes les personnes qui souhaiteront la rencontrer dans un local inaccessible en fauteuil roulant vivront désormais les désavantages de la situation.

Si un de vos parents, un de vos amis ou quelqu'un que vous connaissez ne peut plus accéder à votre domicile ou à votre bureau parce que l'architecture est contraignante. Vous vivez une situation de handicap sans présenter de déficience. Le handicap n'est pas le fait d'une personne prise isolément, même si elle demeure souvent celle qui est le plus affectée par les situations désavantageuses; le handicap est un fait de société. Tolérer les handicaps c'est tolérer le mauvais fonctionnement de la société et ses conséquences.

Réduire les effets des handicaps

Il existe plusieurs manières de réduire les effets désavantageux des handicaps. La première est d'ordre architectural. Moins il subsistera de barrières physiques, plus grande sera la mobilité, cela va de soi.

Une autre façon de contribuer à réduire l'impact des handicaps consiste à développer et à fournir aux personnes handicapées plus d'outils spécialisés qui permettent de compenser les limitations. Le fauteuil roulant en est un bon exemple pour les personnes à mobilité restreinte. Pour les personnes atteintes de surdité, les appareils auditifs présentent une compensation importante.

Pour compenser les handicaps, il y a aussi l'aide individuelle. Rien ne contribue davantage à réduire les inconvénients d'un handicap qu'un bon service rendu d'une manière appropriée. Aider une personne aveugle à traverser à une intersection est un petit geste simple mais combien efficace et appréciable. Aider une personne en fauteuil roulant à franchir une marche ou une dénivellation de terrain en est un autre exemple de solidarité. Ces interventions ne coûtent rien mais elles valent beaucoup.


1 Le texte en italique reprend, en l'abrégeant, le contenu du Guide de formation présenté par le Réseau international, section 5, p. 73.

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