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Dernière mise à jour : Juillet 2010

Pénurie de logements

Les villes de Laval et de Montréal sont touchés par une pénurie de logements qui affectent particulièrement les personnes démunies ou qui ont des besoins particuliers, comme les personne handicapées. Le logement social n'arrive plus à répondre depuis longtemps aux besoins.

Depuis plus de trois mois, la pénurie de logements à Laval et Montréal fait la manchette. Le taux d'inoccupation des logements est, de façon générale à Laval, en deçà de la barre du 1 %. Les logements se font rares, particulièrement pour les personnes handicapées. Le Courrier Laval titrait, le 24 juin, « Logements pour handicapés : un cauchemar ! La liste d'attente remonte à 1994 ». La situation est criante.

Les personnes vivant avec des problèmes de mobilité, comme les personnes utilisant un fauteuil roulant ou celles ayant des aides telles qu'une marchette ou une canne, se voient confrontées à d'énormes problèmes lorsque vient le temps de trouver un logement accessible. Pis encore si les personnes, en raison de leur condition, ont absolument besoin d'un logement adapté.

Logements accessibles : une denrée rare

Les logements où l'on ne retrouve aucune marche sont peu nombreux, ce qui empêche d'ores et déjà l'accès aux personnes en fauteuil roulant. Plusieurs personnes ayant des limitations au niveau de leur mobilité préféreraient habiter dans un immeuble accessible, ou au pis, dans un rez-de-chaussé, mais ceci est une denrée rare. Et surtout, coûteuse.

On estime que lorsque le taux d'inoccupation des logements passe sous la barre des 3 %, propriétaires d'immeubles à logements commencent à procéder à des hausses. Les coûts augmentent certes, mais les propriétaires se font également plus sélectifs, restreignant ainsi l'accès aux personnes en marge, dont les personnes handicapées.

Des préjugés

Des problèmes de mobilité constituent un obstacle important lors de la recherche d'un logis, mais la marginalité en est également un de taille. Plusieurs propriétaires ne désirent tout simplement pas compter de personnes handicapées au sein de leurs locataires. Et si les problèmes de mobilité constituent un obstacle majeur, les problèmes cognitifs ou la déficience intellectuelle peuvent en être de sérieux.

Un fauteuil roulant ne se camoufle pas, mais certaines déficiences, comme au niveau intellectuel ou cognitif (ex. : traumatisme crânien) peuvent laisser une drôle d'impression aux propriétaires en quête du « parfait locataire ». Vient ensuite s'ajouter le fait que plusieurs personnes ne travaillent pas et que plusieurs vivent de la sécurité du revenu.

Le logement social

Pour pallier aux difficultés de se loger de certaines personnes à faible revenu, des programmes fédéraux et provinciaux existent pour fournir des logements dits « sociaux ». Les personnes handicapées sont de nouveau confrontées aux problèmes d'accessibilité et à une liste d'attente interminable.

Sur les 1120 habitations à loyer modique (HLM) à Laval, quarante-deux sont adaptées. En janvier 1998, douze personnes handicapées attendaient sur la liste d'attente. Ce nombre ne reflète pas la situation réelle. À titre d'exemple, la personne handicapée la plus ancienne sur la liste attendait depuis 1996. Les gens ne s'inscrivent tout simplement plus, mais cette situation contribue à laisser croire que les besoins ne sont pas si grands.

Peu de logements pour les moins de 55 ans

Plusieurs organismes sans but lucratif possèdent des logements adaptés. On en dénombre 300 pour une clientèle de personnes handicapées de plus de 55 ans et à peine une trentaine pour les personnes âgées entre 18 et 55 ans. Ceci est notoirement insuffisant. Encore une fois, la discrimination cause problème. Après vérifications, certains immeubles pour personnes âgées préfèrent ne pas louer à des personnes vivant avec des problèmes de mobilité prétextant que « les personnes doivent être autonomes ». Plusieurs de ces logements sont donc occupés par des personnes n'ayant pas des incapacités.

Pour combler une partie des besoins en matière de logement social, l'Office municipal d'habitation loue 270 logements à des propriétaires privés et les offre à loyer modéré à des personnes, ou des familles, en attente de loyer à prix modique. Quelques-uns de ces logements ont été adaptés pour des personnes ayant des incapacités motrices. Le nombre de logements subventionnés pour les personnes handicapées tournerait autours de 27.

D'après les données de Statistique-Canada, projetées pour l'année 2000 par l'Office des personnes handicapées du Québec, la population vivant avec des incapacités à Laval est estimée à plus de 46 000 personnes. Celles ayant des problèmes de mobilité constituent approximativement 50 % de cette population, soit près de 23 000 personnes.

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