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Dernière mise à jour : Juillet 2010
Le concept de « processus de production du handicap » est de plus en plus utilisé pour comprendre, prévenir et remédier aux situations de « handicap » que sont amenés à vivre les personnes ayant des incapacités. Quelques éclaircissements s'avèrent nécessaire.
Une collaboration de Sonia Charbonneau
Les termes ayant désigné les personnes ayant des incapacités sont nombreux : « infirmes », « impotents », « estropiés » etc. À partir de la seconde moitié du 20e siècle, le terme « handicapés » a été utilisé abondamment. Dans son sens premier, le terme « handicap » vient de l'anglais (hand –in -cap) et signifie l'égalité des chances dans les compétions équestres. Avec le temps, il y a peu a peu désigné un groupe de personnes différenciés sur la base de leurs différences corporelles et des conséquences qui en font suite. Ces différences corporelles sont des limitations ou des incapacités au plan physique, intellectuel, etc.
Les définitions du terme « handicap » sont nombreuses. Les plus connues trouvent leur sources dans la biologie, comme celle utilisé par l'Organisation Mondial de la Santé ( OMS ). L'OMS utilise la Classification internationale des déficiences, des incapacités et des handicaps (CIDIH) depuis 1980. C'est sur l'écart à la « norme » que sont fondées les notions reliées au handicap. En fait, pour la CIDIH, le handicap est ce qui limite ou interdit un rôle normal (un rôle social) en fonction de l'âge, du sexe, etc. Cette classification ne permet cependant pas de rendre compte de la réalité social des personnes ayant des incapacités des multiples dimensions du handicap.
L'anthropologue québécois Patrick Fougeyrollas est à l'origine du concept de processus de production du handicap (PPH). Le PPH explique les causes et les conséquences des maladies, des traumatismes et des autres atteindre à l'intégrité ou au développement de la personne. Pour comprendre les conséquences sociales des différences organiques et fonctionnelles, il faut tenir compte des habitudes de vie propre à chaque personne. Ces habitudes dont influencée, par l'histoire de vie de la personne, son identité socioculturelles, ses habiletés, son développement, etc.
Le contexte social et l'environnement (accessibilité architecturale, programmes sociaux, climat, etc.) doivent être pris en compte pour déterminer comment ils peuvent devenir des obstacles ou des facteurs soutenant la participation sociale. Par exemple, un Québécois et un Cambodgien ayant tous deux la même déficience (exemple : paraplégie de même niveaux) n'auront probablement pas le même niveau de handicap. Le premier aura beaucoup plus de chance d'avoir accès à des programmes de soutient (fauteuil roulant, voiture adaptée, etc.) que le second. Dès lors, la participation sociale du Québécois sera favorisée.
En fait, ce qu'il faut retenir du processus de production du handicap, c'est que le handicap n'est pas la conséquence directe d'une déficience fonctionnelle ou organique. Pour bien comprendre les conséquences sociales des limitations et des incapacités, il est important de tenir compte du contexte social, culturel, économique, etc. dans lequel se trouve la personne pour déterminer les obstacles et les facteurs soutenant la participation sociale.
1FOUGEYLLAS, P., 1993, « le processus de production culturelle du handicap : contexte socio-historique du développement des connaissances dans le champs des différences corporelles et fonctionnelles », thèse présenté à l'École des gradués de l'Université Laval pour l'obtention du grade de Philisophiae Doctor (PH. D), département d'anthropologie, Faculté des sciences sociales, Université Laval, 337 p.
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