
Article paru dans le journal Courrier Laval, le 3 décembre 2006, p. A19
On estime que 4 % des enfants d’âge préscolaire ont un trouble grave de la parole ou du langage et bon nombre de bébés et de petits enfants sont atteints d’une déficience auditive. L’intervention précoce est primordiale car les enfants risquent d’avoir des problèmes socioaffectifs, de comportement ou d’apprentissage. Nous prenons, aujourd’hui, l’exemple de la dysphasie pour démontrer l’importance de la détection précoce.
La dysphasie résulte d’une dysfonction cérébrale entraînant des limitations importantes dans le développement du langage, au niveau de la compréhension et/ou de l’expression, au point d’empêcher l’enfant de communiquer verbalement et d’accomplir des activités liées à son âge et son milieu.
Plus de garçons que de filles en sont généralement atteints. Mentionnons seulement qu’aux troubles langagiers peut se greffer des troubles de perception auditive, d’abstraction, de généralisation ou de perception du temps.
Lorsque son fils de deux ans et demi ne semble pas trop pressé de parler, Nathalie se questionne et tente de comparer avec d’autres enfants. Le petit Gabriel dit quand même quelques mots : papa, maman, le lait… et son entourage la rassure : « Ne t’en fais pas, ça débloquera tout d’un coup », ou encore « C’est un garçon, ils sont souvent plus lents…».
À l’aube des trois ans de son fils, le doute persiste. Elle voit le pédiatre qui constate quelques difficultés sans plus mais, devant l’insistance de Nathalie, prescrit une rencontre avec un orthophoniste. Attablée devant les pages jaunes, Nathalie trouve les coordonnées d’une clinique privée d’orthophonistes-audiologistes où, heureusement, elle est bien guidée par le personnel. À la clinique, on évalue l’enfant et on émet un diagnostic qui permet d’entreprendre et d’organiser les services de réadaptation
Le pédiatre aurait pu aussi diriger le petit Gabriel vers les services pédiatriques du Centre ambulatoire régional de Laval (CARL), en orthophonie ou à la clinique du développement où il aurait été évalué gratuitement par une équipe multidisciplinaire et, ensuite, référé au bon service.
Selon la problématique ou le trouble de développement de l’enfant, ce dernier sera référé à l’Hôpital Juif de réadaptation de Laval (HJR) ou au Centre de réadaptation en déficience intellectuelle (CRDI) Normand-Laramée ou à la ressource pouvant répondre à ses besoins. Parfois, les délais d’attente peuvent varier… il est donc important de consulter dès qu’il y a un doute raisonnable quant au développement de notre enfant.
Grâce à la persévérance et à la détermination de sa maman, après être passé en classe langage, en réadaptation, etc., Gabriel chemine maintenant en classe scolaire régulière, mais il reste beaucoup de travail à faire et de moqueries de camarades à surmonter. Nathalie doit assurer une vigilance constante quant à son apprentissage et à son intégration, pour s’assurer que son fils rencontre l’orthophoniste de l’école, qu’il ait son plan d’intervention, bref qu’il reçoive les services dont il a besoin.
Mmes Diane Melnitzky, directrice de l’Association Dysphasie+ de Laval et Suzanne Ménard, coordonnatrice du Programme de Pédiatrie de HJR sont catégoriques : « Les parents doivent se faire confiance, poser des questions et persévérer dans leurs démarches. » Des outils existent, ils sont bien faits et sont un guide pratique de dépistage précoce. Plus vite l’enfant est évalué et traité, meilleures sont ses chances d’intégration et d’amélioration de son état. Des progrès immenses sont réalisés par les enfants qui reçoivent l’aide nécessaire.
Pour en savoir davantage sur les troubles du langage, d’apprentissage, de la communication ou tout autre trouble de développement que peut présenter votre enfant, n’hésitez pas à consulter votre médecin, votre CLSC, l’Association Dysphasie+, le CARL ou communiquez avec le ROPPHL, au (450)668-4836.